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projections psychologiques

Posted in: Vie sociale

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Projections psychologiques dans les relations

Dans nos interactions sociales, amicales, affectives, professionnelles, nous sommes exposés à ce que l'on appelle «l'effet miroir» ; c'est à dire aux projections psychologiques. Au sens psychanalytique du terme, les projections psychologiques sont les opérations par lesquelles le sujet expulse de soi et localise dans l'autre, des qualités, des sentiments, des désirs qu'il méconnaît ou refuse en lui. Au sens plus large, nous projetons sur les autres nos émotions, nos fausses croyances et nos complexes inconscients.

Par le mécanisme des projections psychologiques, nous percevons chez l'autre des aspects de nous-mêmes que nous refoulons par peur de nous confronter à cette partie sombre de notre psyché. Refouler signifie maintenir dans notre inconscient notre schéma psychique, donc ignorer de manière défensive la cause de nos réactions à l'autre. Ce déni d'une partie de nous-mêmes nous protège dans sa fonction de mécanisme de défense mais nous coupe aussi de notre Être véritable. En effet, notre nature profonde ne peut se révéler que lorsque nous levons le voile qui recouvre nos zones d'ombre.

Qu'est-ce qu'une zone d'ombre ?

Il s'agit de parties de nous-mêmes peu glorieuses que nous préférons ensevelir sous des tonnes de sable pour nous faire croire que nous sommes dignes d'être aimés. Alors certes nous pensons être une belle plage de sable blanc et cela nous rassure dans l'image que nous avons de nous-mêmes.

En fait l'inconscient ne fait pas de discrimination entre le sable blanc et le sable noir ; il n'a pas de préférence ou de jugement du style « j'aime / je n'aime pas » à l'inverse de notre conscient ou de Facebook … Notre psychisme contient aussi bien des grains de sable blancs et lumineux que des grains de sable noirs et sombres. Pourquoi notre plage apparaît-elle si différente de celle des autres ? Et bien parce que nous ne sommes pas tous confrontés aux mêmes marées …

Les marées pourraient être associées à nos interactions avec notre environnement familial et social durant l'enfance.

Lorsque la marée est haute nous sommes recouverts par les injonctions positives « tu es beau, intelligent, sage, obéissant, adorable … ». Cette reconnaissance de l'entourage alimente la confiance en soi, l'estime personnelle et la conviction d'être digne d'être aimé.

A l'inverse, lorsque que la marée est basse nous sommes victimes d'injonctions négatives : « tu n'es pas joli, pas sage, pas bon élève, pas volontaire, pas gentil, pas sociable … ». Ici, le jugement négatif des autres nous affecte profondément et crée en nous des blessures psychologiques et fausses croyances sur nous-mêmes.

La météo de notre plage dépend uniquement des projections psychologiques à l’œuvre dans nos relations interpersonnelles. Lorsque l'autre projette sur nous un aspect positif de sa personnalité, nous imaginons une belle plage de sable blanc en accord avec l'image parfaite que nous voudrions avoir de nous-mêmes.

En revanche, lorsque l'autre nous fait des reproches sur un mode projectif, nous sentons notre plage se salir de déchets dont nous avons l'impression qu'ils ne nous appartiennent pas. En fait, ils nous appartiennent dans la mesure où nous réagissons uniquement aux projections psychologiques qui nous touchent. Pourquoi nous touchent-elles ? Et bien car elles mettent en lumière les grains de sable noir que nous ne voulons pas mettre sur notre carte postale afin de garder l'illusion de notre Moi idéal.

Pour autant, nos émotions nous guident en nous faisant réagir à nos proches car nos réactions nous renseignent sur ce qui «cloche» entre notre inconscient et notre conscient. Dès que l'autre provoque en nous une réaction excessive nous devons songer aux projections psychologiques ; si cette personne m'agace ou me touche c'est qu'elle vient d'activer en moi une réaction à une croyance qui a conditionné mon schéma inconscient.

Les autres sont là en effet miroir pour nous faire grandir ; lorsque nous réagissons aux autres (qu'ils soient médisants ou suscitent notre jalousie ou admiration), nous nous connectons à une partie de nous-mêmes qui nous échappe. Notre réaction est alors déterminée par une émotion associée à une croyance qui a nourri notre schéma inconscient.

Le tableau suivant synthétise les différents mécanismes à l’œuvre dans les projections psychologiques ; nous réagissons aussi bien à notre Être dans le passé, le présent ou l'avenir.

Projections psychologiques

Croyances

Temps

Réactions

Emotions

Schémas inconscients

1° Ce que l'on a été

J'ai été pas bien

Passé composé

Envie

Frustration

Complexe d'infériorité

2° Ce que l'on était

Je n'étais pas bien

Imparfait

Rejet

Culpabilité

Auto-punition

3° Ce que l'on est

Je suis qui ?

Présent

Confusion

Doute

Manque de confiance en soi

4° Ce que l'on sera

Je serai mieux

Futur

Jalousie

Désir

Auto-dénigrement

5° Ce que l'on aurait été

J'aurais été mieux

Conditionnel passé

Jugement

Amertume

Complexe de supériorité

1° Projection psychologique de ce que l'on a été

Nous portons tous les blessures psychologiques de notre enfant intérieur ; lorsque la charge émotionnelle de celles-ci est toujours active dans notre inconscient, nous réagissons à ceux qui nous renvoient à ce que l'on a été. Par exemple, une petite fille un peu en surpoids durant son enfance a pu subir les moqueries de ses camarades («bouboule») et développer des complexes sur son physique. Une fois adulte, cette personne portera la blessure de sa différence et pourra réagir à une amie qui apparaîtra comme «idéalement mince».

La projection psychologique est activée par l'émotion de frustration (croyance «j'ai été pas bien»), qui déclenche à son tour la réaction d'envie (j'aurais aimé être mince) sur un mode comparatif. Même si nous composons avec le passé (passé composé au sens grammatical), nous observons que le comportement envieux est en fait le masque (faux-self) du schéma inconscient de complexe d'infériorité.

2° Projection psychologique de ce que l'on était

Dans la vie nous faisons tous des erreurs et ces choix mal assumés nous conduisent à avoir des regrets. Par ignorance, insouciance, manque d'expérience nous avions parfois des comportements qui blessaient les autres. Si nous ne nous sommes pas pardonnés à nous-mêmes nos erreurs du passé, nous réagissons par un sentiment de rejet à ceux qui font les mêmes erreurs.

Par exemple, si vous n'assumez pas d'avoir trompé un(e) ancien partenaire qui faisait tout pour votre bonheur, vous allez facilement juger le comportement d'un(e) ami(e) qui vous confie ses infidélités. Le sentiment de culpabilité vous pousse ainsi à rejeter la personne car vous n'assumez pas votre ancien comportement qui se conjugue à l'imparfait «je n'étais pas bien». Le comportement en faux-self de rejet masque le schéma inconscient d'auto-punition.

3° Projection psychologique de ce que l'on est

Ici et maintenant nous sommes responsables de la façon dont nous choisissons d'interpréter les situations que nous vivons. Imaginons que vous êtes à une réunion de travail et que vous faites une présentation devant vos collègues. Alors que votre intention est de capter l'attention de votre auditoire, soudain vous remarquez que l'un d'entre eux est en train de bailler.

L'émotion que vous allez ressentir est la confusion ; «je suppose qu'il baille car je ne suis pas assez intéressant». Ou peut être a-t'il juste passé une mauvaise nuit ? Dans le doute, la plupart des gens choisissent d'interpréter la situation en prenant le bâillement comme une attaque personnelle. Ici l'effet miroir nous renvoie une image peu valorisante car nous projetons en réaction le sentiment de doute. Le schéma inconscient qui se conjugue au présent est alors le manque de confiance en soi.

4° Projection psychologique de ce que l'on sera

Dès que nous quittons le moment présent, notre mental nous projette dans le futur afin d'anticiper les événements que nous allons vivre. Nous avons tous tendance à croire que nous serons plus heureux lorsque nous aurons ceci ou que nous serons cela. Lorsque nous rencontrons une personne qui possède ce que nous aimerions avoir ou qui est ce que nous aimerions être, l'émotion qui émerge peut prendre deux visages. Si vous portez encore des blessures psychologiques, vous allez ressentir de la jalousie (schéma inconscient d'auto-dénigrement).

Si vous vous aimez suffisamment, vous allez vous connecter à un fort désir d'évolution motivé par l'admiration que vous suscite cette personne. Qu'est-ce qui vous empêche de vous visualiser comme ceci ou comme cela dans le futur ? La réponse est simple ; ce sont vos fausses croyances, les limitations que vous vous mettez à cause de votre besoin de légitimité.

5° Projection psychologique de ce que l'on aurait été

Nous avons vu précédemment que les regrets nous renvoient à l'imparfait (à notre imperfection), nous allons voir que les remords se conjuguent au conditionnel passé. En effet, ce temps grammatical nous amène de part sa structure à une réaction dans le jugement sur nous-mêmes : «si j'avais fait tel choix, si j'avais écouté mon intuition, si je n'avais pas cédé à la tentation, si j'avais fait des études, si j'avais plus travaillé … je serais plus ceci, ou moins cela».

Par ailleurs, lorsque nous jugeons les autres nous sommes dans la projection psychologique : «si j'avais été à sa place, j'aurais fait mieux». Dans les deux cas, nous ressentons de l'amertume puisque le passé est passé et personne ne peut le changer dans l'après-coup. Le schéma inconscient qui nous fait ressentir de l'amertume et nous fait réagir dans le jugement est l'auto-flagellation vis à vis de nous-mêmes et le complexe de supériorité vis à vis des autres.

Comment modifier votre schéma inconscient ?

Lors de vos interactions sociales, observez vos réactions afin qu'elles vous révèlent l'émotion symptôme de votre schéma inconscient.

– Le schéma inconscient du complexe d'infériorité (frustration)

Si vous êtes dans la comparaison permanente aux autres, cela signifie que votre enfant intérieur vit toujours une blessure psychologique que vous n'avez pas pris soin de guérir.

Dans l'article «Blessures psychologiques ; comment les guérir ?», vous trouverez la description des cinq blessures principales (sentiment de rejet, sentiment d'abandon, sentiment d'humiliation, sentiment de trahison, sentiment d'injustice) qui se mettent en place durant l'enfance.

A la lumière de votre histoire personnelle, vous découvrirez quelle est la blessure psychologique qui vous fait vous sentir inférieur aux autres et surtout comment la guérir émotionnellement pour vous libérer de vos complexes.

– Le schéma inconscient d'auto-punition (culpabilité)

Parmi toutes les émotions, la culpabilité est celle qui nous limite le plus dans notre évolution vers l'épanouissement personnel. Sachez que le sentiment de culpabilité se crée tout d'abord dans l'inconscient et qu'il n'est pas toujours ressenti de manière consciente par la personne.

Si vous avez un sentiment de culpabilité inconscient, votre psychisme vous amène à «rationaliser» ; c'est à dire à poser des actes d'auto-punition pour vous faire vivre la culpabilité de manière consciente. Par exemple, certains hommes qui portent la culpabilité inconsciente d'avoir quitté la mère de leurs enfants, se punissent en détruisant leur nouvelle relation amoureuse. La guérison passe par la reconnaissance du sentiment de culpabilité inconscient et sa liquidation en thérapie individuelle.

– Le schéma inconscient du manque de confiance en soi (doute)

Nous pouvons distinguer le manque de confiance en soi «inhibiteur» (celui qui nous empêche de tenter quoi que ce soit), du manque de confiance en soi «moteur». En effet, le second n'a pas pour fonction d'inhiber notre comportement ou nos actes, au contraire il est un signal de besoin de remise en question sur notre manière de penser.

Le message inconscient qui vous est transmis est le suivant : vous devez lâcher vos croyances négatives car ce sont elles qui vous empêchent d'agir ici et maintenant. Nous sommes et nous faisons ce que nous croyons, la confiance en soi est donc le reflet de nos pensées. Pour ne plus douter de soi, il est nécessaire de modifier sa manière de percevoir les évènements en adoptant dès maintenant ces trois attitudes mentales ; ne rien prendre personnellement, ne faire aucune supposition négative et écouter son intuition.

– Le schéma inconscient d'auto-dénigrement (désir)

Nous attendons toujours des autres qu'ils nous montrent qui nous sommes et qui nous pourrions être. Cette attente passive nous renvoie à l'auto-dénigrement lorsque la jalousie prend le pas sur l'admiration ou le désir. Jalouser l'autre c'est ne pas se respecter soi-même en tant qu'être créateur de sa vie ; la jalousie est la projection psychologique du manque d'estime personnelle.

Notre capacité à réaliser nos désirs dépend de notre besoin de légitimité et de notre mental qui nous pousse sans cesse à la procrastination (toujours remettre au lendemain ce que l'on pourrait faire aujourd'hui).

Nous sommes les seuls à pouvoir nous donner une légitimité véritable et non dépendante de l'approbation des autres. Votre désir se réalisera si vous pouvez répondre de manière affirmative à ces trois questions : la réalisation de votre désir donnera-t'elle du sens à votre vie ? Serez-vous à votre place ? Aurez-vous un impact positif sur les autres ?

Le schéma inconscient du complexe de supériorité (amertume)

Remords et jugements sont les pires ennemis du sentiment de sérénité puisqu'ils nous maintiennent soit dans le passé soit dans le mental tyrannique. Alors que l'auto-flagellation nous conduit à devenir notre propre bourreau dans une position masochiste du mental, le complexe de supériorité nous fait croire que nous sommes meilleurs que les autres.

Pour autant ces mécanismes ne sont qu'une compensation à un profond et réel manque d'amour de soi. S'aimer soi-même ne signifie pas connaître ses qualités et aptitudes mais avoir une attitude bienveillante envers soi. La plus grande bienveillance qui soit implique précisément de se connecter à ses zones d'ombres sans aucun jugement. Si vous êtes dans le complexe de supériorité, sachez que la peur de découvrir votre inconscient vous empêche de vous connaître et de vous aimer.

Conclusion

Vous pouvez décider d'utiliser les projections psychologiques comme un outil de développement personnel. Dans vos intéractions à l'autre, vos réactions (envie, rejet, confusion, jalousie, jugement) vous renseignent sur l'émotion (frustration, culpabilité, doute, désir, amertume) qui dévoile votre schéma inconscient (complexe d'infériorité, auto-punition, manque de confiance en soi, auto-dénigrement, complexe de supériorité).

La prise de conscience des zones d'ombre qui vous limitent vous permet alors de guérir vos blessures psychologiques, de purger vos émotions refoulées, et de modifier de votre schéma psychique inconscient.

Alors sortez, interagissez avec les autres et évoluez !

S.A. 12 juin 2014

J'arrête de (me) juger

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